La Théorie de l’Agence

 

 

 

 

Toute organisation est constituée d’un ensemble de contrats qui définissent les relations des acteurs. Parmi ces relations, les auteurs distinguent les « relations d’agence ». Le terme « agence » est à entendre dans le sens étymologique « faire », « agir ». Il y a un « mandant » qui fait faire à un « mandataire ». Par exemple un actionnaire fixe des objectifs à un dirigeant d’entreprise qui « est agi ». On peut se reporter aux travaux de JENSEN, MECKLING aux Etats-Unis, et, en France, à ceux de CHARREAUX (notes de travail de 1998 et de 1999

 

 

Conditions

 

Pour qu’il y ait relation d’agence il faut trois conditions :

 

  1. asymétrie informationnelle

 

Des acteurs ont des informations que d’autres n’ont pas.

Par exemple les dirigeants ont une connaissance de la vie de l’entreprise, les actionnaires savent quel avenir ils attendent de l’entreprise.

 

  1. incertitude sur l’attribution des résultats

 

La réussite et l’échec ne peuvent pas être attribués à tel acteur plutôt qu’à tel autre, car les acteurs sont solidaires dans les résultats obtenus.

Lorsque sont atteints totalement, partiellement ou pas du tout, les objectifs fixés par les actionnaires à des dirigeants qui les mettent en œuvre, on ne sait pas si la réussite ou l’échec viennent de la définition des objectifs ou du choix des moyens mis en œuvre.

 

  1. disparité des rôles

 

Le « mandant » oblige le « mandataire » à mener son action dans le sens qu’il lui a fixé, tandis que le « mandataire » jouit d’une marge de manœuvre par rapport au « mandant ».

Ainsi les administrateurs, représentants les actionnaires, fixent des objectifs aux dirigeants qui disposent d’une certaine marge de manoeuvre pour les atteindre.

 

 

Fonctions

 

La théorie de l’agence identifie trois fonctions au sein des organisations.

 

  1. décision

Le mandant décide des finalités, le mandataire décide de l’action à mener.

 

  1. contrôle

Le mandant ratifie les choix du mandataire et en mesure la performance finale.

 

  1. risque

Le mandant risque son capital, le mandataire risque sa compétence.

 

 

Normes

 

Pour certains auteurs, la théorie de l’agence édicte des normes d’action de trois types.

 

  1. règles de fonctionnement

 

-          mise en place d’un système de contrôle par la hiérarchie, par la surveillance mutuelle, par le Conseil d’administration

-          mise en place d’instruments de gestion (suivi, comptabilité…)

-          diversification des risques pour ne pas mettre en péril l’organisation et accroître sa « résilience » (sa capacité à résister aux événements externes par des ressources internes).

 

  1. réduction des coûts d’agence

 

Il y a des coûts d’agence que chaque acteur tend à réduire à son profit. L’organisation qui sait le mieux réduire ces coûts est celle qui perdure.

 

-          coûts de surveillance

Des instruments de gestion et de prévision permettent de mesurer les coûts d’énergie dépensée, de temps passé, de compétences à trouver ou acquérir, d’usage des équipements, etc.

 

-          coûts d’obligation

Le mandant est obligé de définir ses choix.

Le mandataire est obligé de formuler ses besoins, d’argumenter ses projets, de rendre des comptes.

 

-          coûts « résiduels »

Ce sont les coûts liés aux risques : financier des actionnaires, professionnel des dirigeants (perte d’emploi), crédit social des administrateurs et des dirigeants (réputation).

 

  1. incitations au respect du contrat

 

Pour que ces règles de fonctionnement et la réduction des coûts soient admises de tous, il faut :

-          échanger des informations,

-          s’entendre sur des critères d’appréciation des résultats,

-          définir des objectifs communs,

 

Ces incitations doivent permettre ainsi de :

-          mieux partager les risques,

-          mieux équilibrer les intérêts entre chaque acteur,

-          compenser les obligations de surveillance.