LA REPRESENTATION

 

 

 

La Théorie de la Représentation que nous développons s’inscrit dans la ligne des Théories de la Communication ►►►

 

Dans le schéma de la communication que nous avons proposé, l’Emetteur se donne à voir, entendre…, à travers sa posture, son Message, le choix du contexte de la communication, etc. Le Récepteur appréhende donc l’Emetteur à travers des figures qui le représentent, figures que celui-ci lui offre et figures dont il a hérité ou qu’il s’est lui-même forgé de l’Emetteur. C’est ce qu’on nomme l’Emetteur construit distinct de l’Emetteur réel.

 

Il en est de même pour le Récepteur appréhendé à travers des figures de représentation : le Récepteur construit distinct du Récepteur réel.

 

Le Message comprend un certain nombre de signifiants (écrits, verbaux, gestuels, graphiques, sonores…) compréhensibles, en principe, par les deux inter-locuteurs de la communication.

 

Le Référent, objet de la communication, est appréhendé lui aussi à travers des figures qui le représentent, figures que les uns et les autres ont de lui. C’est le Référent construit distinct du Référent réel.

 

Nous avons gardé la dénomination de « représentation » par laquelle VERON identifie la relation Référent-Message : c’est-à-dire la mise en mots et images, la mise en scène. En fait les Théories de la Représentation permettent de penser l’ensemble des relations du processus de communication comme des relations de représentations organisées autour de figures.

 

Le travail de communication porte donc non seulement sur le contenu du Message (sa « représentation » pour VERON) mais sur l’ensemble des figures de représentation du processus de communication. Il ne suffit pas de « peser ses mots » en pensant à leur réception, il faut encore se demander ce que le Récepteur a « en tête » lorsqu’il reçoit le Message de tel Emetteur, comment se représente-t-il l’Emetteur, mais aussi comment se représente-t-il le Message lui-même (« on ne doit pas dire cela ! »), ou le Canal utilisé (« ce n’est pas la bonne manière de parler de cela! »), ou encore comment se voit-il lui-même, etc.

 

Ces représentations sont construites, c’est-à-dire qu’il y a une part qui est héritée et tient au passé, une part qui évolue selon les circonstances. C’est pourquoi le contexte est si important pour l’efficacité d’une communication, vue du point de vue de l’Emetteur. Mais il peut exister aussi une efficacité non voulue par l’Emetteur, et des impacts différenciés selon les Récepteurs, les situations, les moments…

 

Un même ensemble de signifiants du même Message n’est pas reçu, émis, transmis, avec la même acuité, efficacité, en toutes circonstances et tous lieux. C’est pourquoi il y a de « bonnes » et de moins « bonnes » communications.

 

La communication, c’est la relation établie entre les figures de représentation qui sont autant de constructions sociales. Le « bien communiquer », « l’orthopraxie communicationnelle » dépend de la conjonction entre les multiples figures mobilisées dans ces échanges d’informations.

 

 

 

Exemple

 

Pour préciser l’intérêt d’une telle approche, prenons l’exemple de la Campagne du Denier de l’Eglise.

 

Au début de la décennie 1980 des agences de publicité se sont spécialisées dans la communication ecclésiale et ont proposé à des diocèses d’inventer des campagnes publicitaire du Denier de l’Eglise. Plusieurs questions se posaient.

-          En s’engageant dans une campagne publique sur le Denier de l’Eglise (Référent), considère-t-on le Denier de l’Eglise comme un devoir, un élan de générosité ?

-          En recourant à des affiches 4x3m (Canal) aux bords des routes, adressées « à la cantonade » et non aux seuls catholiques, considère-t-on l’ensemble de la population comme susceptible de devenir donateur, soutien, membre de l’Eglise catholique ?

-          En lançant ce type d’action largement répandue dans la société, ne laisse-t-on pas entendre que l’Eglise (Emetteur) se considère comme une entreprise ordinaire qui cherche à capter un client potentiel ou comme une association humanitaire qui cherche à attirer des soutiens financiers à sa cause ? ne laisse-t-on pas entendre que les gens (Récepteur) deviennent chrétiens en apportant un soutien financier à l’Eglise sans autre implication ?

-          Par le contenu de l’affiche (Message), quelle image donne-t-on de la pastorale déployée dans le diocèse ?

-          Etc.

 

On peut prendre aussi le point de vue du Récepteur et se demander quelles représentations a-t-il de l’Eglise, de l’argent de l’Eglise, de l’appartenance à l’Eglise ? Cette campagne va-t-elle modifier ses représentations, l’inciter à devenir chrétien ? Etc.

 

En fin de compte, quels buts poursuit un diocèse avec ce type d’action ? Comment cette action s’inscrit-elle dans sa pastorale ordinaire ? Y a-t-il une pastorale économique du diocèse, une pastorale de la communication ?

 

Certes, l’Eglise a coutume de s’interroger sur le « bien penser », « l’orthodoxie », des messages qu’elle produit. S’interroge-t-elle sur « l’orthopraxie », le « bien agir » dans le domaine de sa communication économique ?

 

 

 

REFERENCES

 

Enseignement universitaire

Définitions ►►►

Constitution et fonctions ►►►

 

Thèse

Théories et Pragmatique de la Représentation ►►►

Théories de la Représentation appliquée au champ liturgique et sacramentaire ►►►