LA COMMUNICATION

 

 

 

 

SHANNON s’intéressait à deux problèmes techniques soulevés par le transport d’information entre deux personnes (une source et un destinataire) qui passait par deux outils (un émetteur et un récepteur) empruntant un mode de transmission (un fil) : le problème de l’encodage de l’information (passer d’une voix humaine à un émetteur d’ondes radiophoniques) et du décodage (reconstituer les sons émis).

 

JAKOBSON dans ses travaux de linguistique s’est intéressé aux relations entretenues entre les personnes et les différentes instances du processus de communication qu’il identifiait avec leurs fonctions propres :

-          l’Emetteur, auteur du Message, avec la fonction expressive,

-          le Récepteur du message émis, avec la fonction conative,

-          le Message proprement dit, avec la fonction poétique,

-          le Référent, qui est l’objet du Message transmis, avec la fonction référentielle,

-          le Code qui est le moyen utilisé pour la transmission, avec la fonction métalinguistique.

Il identifiait une dernière fonction, phatique, qui assure le contact entre émetteur et récepteur (le « allo » de la communication téléphonique).

 

Catherine KERBRAT-ORECCHIONI dans ses travaux de linguistique au sein de l’Ecole lyonnaise de linguistique étudie la part du sujet dans les énoncés. Elle a approfondi la notion de code de JAKOBSON et distingue :

1.       pour chacun des deux interlocuteurs, ses compétences linguistiques, ses compétences culturelles et ses déterminations psychologiques,

2.       pour l’Emetteur, le travail d’encodage du message, avec les contraintes du discours et un modèle de production,

3.       pour le Récepteur, le travail de décodage avec les contraintes du discours et un modèle d’interprétation.

 

Par compétence, elle entend les capacités disponibles, plus ou moins bien mobilisées selon les ressources personnelles.

Par discours, elle entend tout l’univers de communication, gestuelle, orale, écrite, sonore…, avec les limites de chaque genre.

Par modèle, elle entend non pas ce qui est exemplaire mais une grille de mise en forme, un art et un artifice, dont le récepteur doit posséder les clés pour que le message soit compris.

 

L’Emetteur et le Récepteur occupent des places mobiles, selon le point de vue adopté pour l’analyse. Ces deux instances se trouvent dans la même position que le JE et le TU dont seul le contexte détermine la place.

 

 

Eliseo VERON, quant à lui, a étudié, entre autres, les « stratégies du langage radiophonique », distinguant dans les relations entre les différentes instances du processus de communication ce qu’il appelle des « figures ». « Ce sont des caractères saillants, des aspérités, des traits d’identité des communications, grâce auxquels on peut les distinguer entre elles, et à cause desquels on les rejette, ou on les aime. L’idée est donc la suivante : étudier des stratégies de langage, par exemple radiophonique, c’est avant tout étudier les figures dont elles se composent » (Les Medias. Expériences et recherches, 1986, Paris, I.N.R.E.P., Stratégies du langage radiophonique des stations périphériques et des radios privées, pp. 6-9).

 

-          Figures d’Allocution, spécifiant le ou les rapports mis en scène au cœur même du message entre l’émetteur-construit et le récepteur-construit (par exemple figure de relation pédagogique, ludique, connivente, persuasive, etc.)

-          Figures de Modalisation, par lesquelles sont mis en évidence les types de rapport unissant l’émetteur à la réalité dont il est chargé de parler (par exemple … rapport d’enthousiasme, ou de distance…)

-          Figures d’Implication, caractérisant les rapports que le récepteur-construit est supposé établir avec la réalité montrée … (par exemple : il est représenté comme devant s’émouvoir, participer, comprendre…)

-          Figures d’Expression, traduisant les relations que l’émetteur entretient avec son propre message en tant que produit formel (se construit-il comme auteur impliqué, comme créatif, ou bien fait-il sur ce sujet silence ?)

-          Figures de Perception, construisant les relations entre le récepteur et le message entendu comme un ensemble de signes (doit-il le consommer passivement, associer à partir de lui, l’interpréter en le décodant, etc. ?)

-          Figures de Représentation …, regroupant les différentes « manières », ou « formes » que la radio adopte pour parler de la réalité (la présente-t-elle en direct ou en commentaire ? sous la forme du récit ou de l’analyse ? préfère-t-elle les formes brèves ou longues ? etc.)

 

VERON, étudiant le canal radiophonique, s’est plutôt intéressé, dans la relation entre inter-locuteurs, aux figures d’Allocution. Mais il existe d’autres canaux et on doit donc aussi analyser les relations au canal à travers ces deux autres types de figure :

-          Figures d’Animation, montrant les relations entre le récepteur et le canal choisi, proposé ou imposé (par exemple : une vidéo, un document écrit, un photo-langage, etc.),

-          Figures de Participation, montrant les relations entre le récepteur et le canal qui lui est proposé ou imposé.

 

 

A partir des théories que nous venons d’évoquer, nous proposons le schéma suivant qui nous servira de trame pour les études de cas :

 

Schéma de la communication ►►►

 

 

 

REFERENCES

 

Enseignement universitaire

Résumé en Fiches (enseignement) ►►►

 

Thèse

Théories et Pragmatique de la Représentation ►►►

Théories de la Représentation appliquée au champ liturgique et sacramentaire ►►►